Avancer au rythme du patient.

 

Fondée en 2004 dans les Deux-Sèvres, l’association ASALEE permet aux patients atteints de maladie chronique d’apprendre à mieux vivre avec leur maladie. Au niveau national, l’association regroupe 550 infirmiers et 2000 médecins collaborateurs.

Sylvie Felices et Virginie Cartailler sont toutes deux infirmières ASALEE sur le secteur vichyssois. Rencontre.

 

“Le patient a souvent en lui beaucoup de ressources dont il n’a pas conscience.

 

Nous faisons en sorte qu’il s’en rende compte par lui-même en discutant avec lui, en verbalisant. Nous ne sommes pas dans le jugement mais dans la bienveillance, l’empathie. Il arrive qu’on parle d’autre chose que de sa maladie.

Notre rôle, c’est d’avancer à son rythme. C’est lui qui va trouver ses solutions.”

 

“C’est d’ailleurs assez perturbant pour eux au départ. Certains attendent la solution magique. Nous prenons le contrepied.

 

Nous intervenons auprès des patients diabétiques, atteints de maladies cardiovasculaires dans une mission d’Education Thérapeutique du Patient.

Une consultation avec un patient peut durer ¾ d’heure à une heure. Nous prenons le temps d’échanger, de connaître ses besoins afin de trouver une solution qui lui permettra de bien vivre avec sa maladie.”

 

Un parcours de soin centré sur les besoins et solutions du patient

 

“Nous avons mis en place un atelier marche avec les adultes, chaque semaine. Nous adaptons la distance en fonction des capacités de chacun. Avant tout, l’objectif est de pouvoir partager un moment ensemble, qu’ils créent du lien et sortent de leur isolement. Cela leur permet d’échanger sur leurs expériences.

 

L’important est de ne pas les cloisonner dans le milieu médical. On recherche leur bien-être avant tout.

 

Nous travaillons en collaboration avec les médecins affiliés au réseau de l’association. Ce sont eux qui nous adressent leurs patients dans une optique de prévention, afin de faire diminuer les facteurs de risque liés à leurs maladies. Nous organisons régulièrement des réunions de coordination.

Ainsi les patients que le médecin considère “à risques” nous sont orientés. Cela permet également d’éviter des hospitalisations successives.

L’objectif est d’améliorer l’état de santé du patient. C’est pourquoi nous ne lui prodiguons pas nos propres conseils.

Cela ne lui correspond pas et on n’obtient pas une bonne implication. Nous sommes là pour changer les tendances.

 

Nous l’aidons et l’orientons afin de l’amener à changer son comportement durablement, qu’il s’agisse d’habitudes alimentaires, au niveau de la pratique d’une activité physique régulière….

 

De même, le suivi du patient est différent de l’un à l’autre. Il est individualisé et adapté à chacun. Certains souhaitent nous revoir toutes les semaines, d’autres désirent un suivi plus espacé.

Nous ne mettons pas la pression car ce sont eux qui décident.

 

C’est d’ailleurs pour ça que cela fonctionne : ce sont eux qui nous définissent leur ligne de conduite.

 

Nous jouons le rôle des petites roues du vélo. Nous l’accompagnons tant qu’il a besoin de nous. On enlève une roue et puis…vogue ! Notre porte demeure ouverte. Nous pouvons fixer un rendez-vous, à nouveau si besoin.”

 

Un maillage territorial dynamique

 

Certains patients n’osent pas se diriger vers un club, une association pour pratiquer une activité. C’est une très bonne chose que Nicolas Gallon puisse les accompagner. Ils se sentent moins perdus. Et puis, nous sommes dans une vraie logique du parcours de soin du patient : nous intervenons dans le domaine médical et Nicolas, sur le côté plus ludique.

 

Nous avons la possibilité de travailler avec de nombreux partenaires et surtout d’inventer, d’évoluer au niveau des actions, du suivi du patients. Le cahier des charges de l’association Asalee est ouvert, ce qui permet de donner à nos missions toutes leurs fonctions de santé publique mais aussi de prévention ! Par exemple, en coordination avec le CREPS de Vichy nous étudions la possibilité de mettre en place un suivi pour les enfants en situation d’obésité. Nous oeuvrons pour développer un maillage territorial avec les acteurs concernés de près ou de loin par l’Education Thérapeutique du Patient.”

 

Zoom sur le CCAH : espace de coordination et de partage.

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