« Re-prendre plaisir à l’effort »

Depuis avril 2015, le programme Garantie Jeunes est accessible aux jeunes de 16 à 26 ans en situation de grande vulnérabilité sur le marché du travail, à Aurillac. Stéphanie Bonnet est conseillère au sein de la Mission Locale d’Aurillac. Elle revient sur ce travail d’accompagnement et l’intérêt de la pratique d’activité physique dans ce cadre-là.

En quoi consiste le programme Garantie Jeunes ?

Dispositif expérimental jusqu’en décembre 2016, c’est un droit ouvert, depuis 2017, qui s’adresse aux jeunes de 16 à 26 ans en situation de grande vulnérabilité sur le marché du travail. Le but est de les rendre autonomes, de façon globale. Durant ce parcours d’un an, nous abordons différents thèmes autour de la recherche d’emplois, de stages, de rencontres avec les entreprises mais aussi de la santé, du budget, du logement, de la mobilité, la formation et de la citoyenneté.

Les jeunes peuvent bénéficier d’un soutien financier. Celui-ci dépend de leur investissement dans le dispositif, par exemple, sur la recherche d’un emploi, d’un logement, le permis de conduire.

Durant ce programme, nous allons travailler ensemble sur le savoir-être, la mise en action.

Dans un premier temps, à leur entrée dans le dispositif, ils vont apprendre à mettre en valeur leurs compétences, leurs ressources. L’idée est avant tout de partir de leurs expériences positives et non de leurs échecs. Nous souhaitons qu’ils travaillent sur leurs compétences, afin de pouvoir les mettre en avant. Durant cette phase collective de quatre semaines, ils vont également avoir accès à des modules sur la santé avec une diététicienne, une relaxologue et une socio-esthéticienne. Ils rencontreront le parrain de la promotion. De par son expérience, ses conseils, il va inciter les jeunes à prendre du recul sur leur situation : les échecs surviennent mais permettent de rebondir.
À la suite de cette première phase, les jeunes réalisent un stage, d’une durée de deux semaines, dans une entreprise. C’est une réalité de terrain : plus on acquiert de l’expérience, plus on a de chance de trouver un emploi.

De quelle manière s’est mise en place la collaboration avec le DAHLIR ?

Lors d’une réunion au mois de septembre avec l’ensemble des référents de la Garantie Jeunes de la région, j’ai entendu parler du dispositif DAHLIR Insertion, grâce aux témoignages de mes collègues de la Haute-Loire. Puis en février, lorsque Louise Clerc est arrivée sur le territoire cantalien, nous nous sommes rencontrées afin de mettre en place une expérimentation de ce dispositif pour les jeunes.

À l’issue de chaque promotion, nous demandons aux jeunes de réaliser un bilan du dispositif, afin de faire évoluer le contenu et l’adapter au mieux. La pratique d’activités physiques et sportives a été évoquée. Le sport est un élément essentiel à la cohésion de groupe. Mais il est surtout indispensable dans leur quotidien pour reprendre goût à l’effort et persévérer. Ils ont participé à une séance de rugby, d’escalade, d’accrobranche… Cela a incité certains d’entre eux à se dépasser, à aller au-delà de leur peur.

C’est très positif au niveau de l’estime de soi.

Accrocbranche-Mission Locale-Dahlir

Le travail de groupe les a incités à faire preuve de solidarité, d’entraide. Cela nécessite, en amont, de leur demander beaucoup d’efforts pour s’y mettre, mais c’est souvent bénéfique Certains d’entre eux ont des soucis de santé. Cela peut être un frein à la recherche d’un emploi. L’alimentation, le sport… tout ce qui a trait à l’hygiène de vie, à la santé joue un rôle dans l’accès à l’emploi. C’est un fil rouge : prendre du plaisir à l’effort, retrouver confiance en soi, c’est une récompense et cela peut les rendre fiers.

Selon vous, quels sont les apports de l’accompagnement du DAHLIR auprès de ce public ?

Nous donnons les clés, les outils en main aux jeunes afin de leur donner envie de poursuivre dans cette lignée.

Nous souhaitons, que la graine germe, même si c’est à retardement. Chacun le fait à son rythme. Nous assurons le rôle de facilitateur avec nos partenaires.

De mon point de vue, cet accompagnement du DAHLIR sur les séances d’activités m’a permis de me mettre à égalité avec les jeunes. En participant à ces séances, j’ai appris quelque chose que je ne connaissais pas. Cela m’a aussi permis d’avoir un regard « extérieur » et me rendre davantage compte de l’importance de ces notions d’effort et de persévérance, nécessaires au quotidien.

Pour plus d’informations sur le dispositif Garantie Jeunes :

Téléphone : 04 71 43 68 07
Adresse : Mission Locale 17 Place de la Paix, 15000 Aurillac

Bouge Ta Douleur en Haute-Loire

Le Programme d'Education Thérapeutique du Patient du Centre Hospitalier de Vichy