Les loisirs : supports à l’inclusion des personnes réfugiées.

 

“L’activité physique agit comme un réveil. C’est un moment de plaisir où les résidents du CPH peuvent dévoiler leurs capacités, leurs compétences. Cela amène du positif, de l’humain dans la relation !”

Capucine Betored – Psychologue et référente “Sport” au sein du CTR/CPH ALPHA 3A.


 

Capucine Betored est psychologue et référente sport au sein du Centre Provisoire d’Hébergement ALPHA 3A, à Bourg en Bresse.

En lien avec l’équipe de travailleurs sociaux de la structure, elle intervient de manière individualisée auprès des résidents.

 

Le CPH ALPHA 3A à Bourg-en-Bresse accueille et héberge des hommes, des femmes isolées avec leurs enfants qui sont bénéficiaires de la Protection Internationale. Ils viennent de pays différents : l’Ukraine, l’Albanie, l’Afghanistan…

Notre équipe les accompagne sur différents aspects : les démarches administratives, le suivi sanitaire et social, la recherche d’un emploi, l’accès à un logement….

Je rencontre l’ensemble des résidents au moins une fois, lors d’un premier entretien individuel, précise la psychologue. En fonction de leurs besoins, mais aussi des retours de l’équipe, je vais aussi pouvoir intervenir sur des situations qui bloquent, assurer une mission de prévention sur des sujets spécifiques comme l’accompagnement à la parentalité, la santé mentale…”

 

En parallèle de sa mission, Capucine Betored est également référente “sport” au sein du CPH. Bien souvent, les personnes accueillies se sentent isolées, ont des difficultés pour aller vers les autres. Il arrive parfois qu’elles aient des troubles du sommeil, de gestion de stress…

Avant la mise en place du partenariat avec le DAHLIR, nombreux étaient ceux qui souhaitaient pratiquer une activité physique en club ou association.

 

“Chaque semaine, Fanny, la chargée d’accompagnement DAHLIR propose une séance d’activité physique. Dès la mise en place de notre partenariat, elle a été très claire sur le rôle et les missions du dispositif, explique Capucine Betored.

En aucun cas, ces séances ont vocation à être de l’occupationnel pour les résidents. L’objectif est avant tout que l’activité physique puisse être en support du projet global du résident.

Ainsi, lorsque nous orientons une personne vers le DAHLIR, c’est parce qu’il y a un objectif clair derrière. On se pose aussi la question sur la phase 2 du DAHLIR, à savoir l’accompagnement à l’intégration d’un club, d’une association de loisirs.

Là aussi, il faut qu’il y ait un lien avec le projet de la personne. Qu’il s’agisse de l’apprentissage de la langue française, d’une volonté d’ouverture vers l’extérieur… Nous nous entretenons régulièrement avec elle pour savoir où elle en est dans son projet.”

 

La confiance : l’un des facteurs clés à la réussite du projet.

Depuis la mise en place de ce partenariat, une vingtaine de résidents ont pris part au moins une fois aux séances d’activités physiques proposées par le DAHLIR.  Onze personnes sont accompagnées pour éventuellement intégrer un club, une association de loisirs du territoire.

Car les séances d’activités permettent également de découvrir la diversité des activités sportives : volley ball, foot, yoga… pour générer des envies.

 

“Fanny parvient à créer une véritable relation avec chacun des participants, témoigne Capucine Betored. Ils savent ce qu’elle peut faire pour eux. Elle a une connaissance fine de l’offre de loisirs du territoire, des moyens qui existent. Petit à petit, quelque chose s’est créé en dehors de nous, dans leur relation et cela facilite notre travail.

 

À tour de rôle, un membre de l’équipe du CPH participe aux séances en compagnie des résidents. En amont, ils interviennent pour informer les résidents de l’existence du DAHLIR et les mobiliser sur les séances. Le rythme hebdomadaire “imposé” par celles-ci permet de créer, garder un rythme dans le quotidien des résidents.

 

“Certaines journées passent plus lentement que d’autres et il arrive qu’ils perdent le fil sur le rythme des horaires. Leur participation régulière aux séances nous permet de jauger leur degré d’autonomie.

Souvent, leur corps est devenu un ennemi. Ils ont beaucoup souffert. En participant aux séances d’activités physiques adaptées, ils vont pouvoir développer un nouveau rapport avec leur corps : plus amical et surtout bénéfique.

C’est aussi un très bon moyen pour les faire se rencontrer. Au bout de quelques séances, ils échangent entre eux. Car beaucoup sont en demande d’aller vers l’extérieur, de ne pas rester dans la communauté.

Je vois aussi ces séances comme un support à leur apprentissage de la langue française. On répète certains échauffements, ils comptent le nombre de répétitions des exercices, les zones où les muscles commencent à tirer…

Mais surtout, ces séances sont l’occasion de retrouver de la confiance en soi. Ils ont envie d’essayer et c’est extrêmement valorisant !”

L'activité physique : un support à l'accompagnement du CHRS ADSEA, dans l'Ain

Reprendre une activité physique adaptée avec le DAPAP Allier